La parole empêchée

Dans son nouvel ouvrage Nos Paroles Empêchées ( éditions de l’Aube, 2026 ), Anne-Lyse Chabert explore une réalité souvent invisible : celle de toutes les personnes pour qui parler ou être entendu n’est pas évident. Nourrissons, jeunes enfants, personnes âgées atteintes de troubles neurologiques, personnes en situation de handicap… mais aussi chacun d’entre nous, à certains moments de la vie.
Car la parole n’est jamais totalement acquise. Traduire sa pensée, trouver les mots justes, écouter l’autre au-delà d’une prononciation inhabituelle ou d’un niveau de langage différent : toute interaction humaine est un fragile travail d’ajustement. Lorsque la parole est entravée, refusée ou ignorée, le dialogue peut rapidement laisser place au malentendu, voire au conflit.
Dans la continuité de sa réflexion publiée dans la revue Approches Coopératives sur la convivance, dans l’article « Convivance et handicap, une altérité radicale à transformer ? », l’autrice interroge la dimension profondément humaine du langage. L’autre devient alors à la fois miroir de notre humanité et ouverture vers des mondes singuliers.
Cette réflexion rejoint pleinement l’esprit de la Convivance, qui invite à créer des espaces où chacun peut trouver sa place, être entendu et contribuer à la vie collective. Lorsque la parole est empêchée, la solidarité et l’attention mutuelle deviennent essentielles pour que les liens humains puissent continuer à se tisser.
Mais que se passe-t-il lorsque la parole ne peut plus circuler ? Comment exister, partager ses idées ou défendre sa place dans le monde ? Anne-Lyse Chabert invite à regarder autrement ces situations d’empêchement. Car derrière les limites du langage se cache peut-être un trésor : celui d’autres formes d’attention, d’écoute et de relation.
