Averroès et Maïmonide : paradigmes en temps troublés
Le mercredi 4 mars, le cycle « La Palabra Encendida », consacré dans cette édition à « Averroès : pont, raison et cité », a accueilli à Cordoue le débat « Averroès et Maïmonide : paradigmes en temps troublés », une rencontre centrée sur l’héritage intellectuel de deux grands penseurs nés dans notre ville. L’événement était organisé par Virginia Luque avec la mairie de Cordoue et Kutxabank.
Lors de la rencontre, l’éditeur et ancien ministre Manuel Pimentel, membre du Patronato de la Fondation Paradigma Córdoba pour la Convivance, a centré son intervention sur l’actualité de la pensée d’Averroès. Il a souligné combien le philosophe cordouan, profondément influencé par Aristote, considérait la raison comme un outil essentiel pour comprendre le monde et orienter la vie collective.
Selon Manuel Pimentel, le rationalisme averroïste ne se limite pas au domaine philosophique, mais s’étend également à l’idée de justice et à l’organisation de la cité. Averroès considérait qu’une communauté bien gouvernée devait reposer sur la délibération rationnelle, la connaissance et la recherche du bien commun. La justice n’était donc pas seulement une norme juridique, mais une forme d’équilibre social fondée sur la raison.
Manuel Pimentel a également souligné que cette conception s’inscrit directement dans l’héritage aristotélicien qu’Averroès a étudié et commenté en profondeur. Pour le penseur andalou, la philosophie n’était opposée ni à la foi ni à la vie publique, mais constituait une voie permettant de mieux comprendre l’ordre du réel et d’orienter l’action humaine.
Dans notre contexte international marqué par les tensions culturelles et politiques, l’intervenant a rappelé que la figure d’Averroès demeure une référence précieuse pour penser la Convivance. Son œuvre montre que le dialogue entre les traditions, l’usage de la raison et le respect de la justice peuvent devenir les fondements d’une société plurielle.
Le débat a mis en lumière la manière dont Cordoue, berceau d’Averroès et de Maïmonide, continue d’incarner un symbole de rencontre intellectuelle. Retrouver leur héritage, a souligné Manuel Pimentel, permet d’imaginer des villes organisées autour de la connaissance, de la justice et de la convivance.
